Mme Fanny HOWLAND
Soutiendra jeudi 13 mars 2025 à 14 h
Salle des Actes n° 011 à l’Université de Montpellier Paul-Valéry, Site Saint-Charles 1
une thèse de DOCTORAT
Discipline : Ethnologie
Titre de la thèse : Encuentros y desencuentros – Le changement climatique entre savoirs, discours, pratiques et jeux d’échelles
Composition du jury :
- M. Nicolas ELLISON, Maître de conférences, EHESS
- Mme Ludivine ELOY, Directrice de recherche, Université de Montpellier Paul-Valéry
- M. Jacobo GRAJALES, Professeur, Université de Lille
- Mme Marie HRABANSKI, Chargée de recherche habilitée, CIRAD
- M. Philippe LAVIGNE DELVILLE, Directeur de recherche, IRD
- M. Pierre-Yves LE MEUR, Directeur de recherche, IRD, directeur de thèse
- Mme Evelyne MESCLIER, Directrice de recherche, IRD
- M. Franck POUPEAU, Directeur de recherche, CNRS
Résumé de la thèse :
Lors de la COP 21, les pays se sont engagés à mettre en œuvre des actions pour faire face au changement climatique (CC) telles que l’élaboration de politiques, de programmes et projets portant sur l’atténuation et l’adaptation, avec le soutien (ou en parallèle avec) des organisations nationales et internationales (Treyer, 2015). La question du CC apparait donc comme hautement politique dans la mesure où la gestion de l’environnement dépend de divers intérêts, de choix politiques, techniques et industriels et de mode de consommation (Bonneuil et Fressoz, 2016).
Cependant, il existe peu d’information sur les processus d’adaptation locale des agriculteurs familiaux ainsi que sur l’effet des interventions visant à faciliter l’adaptation au CC sur leurs stratégies. De fait, il existe différents discours issus de différents acteurs sur le CC et/ou différentes approches promues telles que « Climate Smart Agriculture » (FAO, 2010) ou l’agroécologie (Altieri et al., 2015) qui donnent lieu à différentes modalités d’intervention pour sa gestion. Or, ces interventions n’entrainent en général qu’une faible adhésion des agriculteurs. En effet, les incertitudes liées aux transformations du climat ne sont pas les seules que les agriculteurs doivent intégrer à leurs stratégies (Adger et al., 2009). De même, il manque des connaissances quant à la façon dont les savoirs scientifiques sur le CC mobilisés dans les dispositifs d’intervention sont retraduits et appropriés par les agriculteurs. Dans ce contexte, les agriculteurs, au niveau local, se voient tenus de répondre à des problèmes globaux comme atténuer le CC alors que leurs « intérêts professionnels se trouve, de fait, relégués au second plan par rapport à cette production d’un bien commun englobant » (Darré, 1993). Ainsi, il est important de situer la production des connaissances et les pratiques liées au climat dans le cadre des enjeux et discours nationaux et internationaux (Mosse, 2005).
Il se pose alors la question de comment différents acteurs (planificateurs, ONG, services de conseil, agriculteurs dans leur diversité) à différents niveaux (national, régional, local) traduisent et intègrent les enjeux liés au CC dans leur stratégies á la fois dans l’élaboration de politiques et/ou programmes, la mise en œuvre d’interventions visant à l’adaptation au CC, et des pratiques associées.
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At COP 21, countries committed themselves to implement actions to address climate change (CC) such as the development of policies, programmes and projects on mitigation and adaptation, with the support of (or in parallel with) national and international organizations (Treyer, 2015). The issue of CC thus appears to be highly political in that environmental management depends on various interests, political, technical and industrial choices and consumption patterns (Bonneuil and Fressoz, 2016).
However, there is little information on the local adaptation processes of family farmers and the effect of interventions to facilitate adaptation to CC on their strategies. In fact, there are different discourses from different actors on CC and/or different approaches promoted such as 'Climate Smart Agriculture' (FAO, 2010) or agro-ecology (Altieri et al., 2015) that give rise to different intervention modalities for its management. However, these interventions generally result in a low level of adhesion from farmers. Indeed, the uncertainties related to climate transformations are not the only ones that farmers must integrate into their strategies (Adger et al., 2009). Similarly, there is a lack of knowledge on how the scientific knowledge on CC mobilized in intervention schemes is translated and appropriated by farmers. In this context, farmers, at the local level, are required to respond to global problems such as mitigating CC when their 'professional interests are, in fact, relegated to the background in relation to this production of an all-encompassing common good' (Darré, 1993). Thus, it is important to situate climate-related knowledge production and practice within the framework of national and international issues and discourses (Mosse, 2005).
This raises the question of how different actors (planners, NGOs, advisory services, farmers in all their diversity) at different levels (national, regional, local) translate and integrate CC-related issues into their strategies both in the development of policies and/or programs, the implementation of interventions aimed at CC adaptation, and associated practices.
