Mme Llewella MALEFANT
Soutiendra mardi 17 mars 2026 à 14 h 30
Salle des Actes n° 009 à l’Université de Montpellier Paul-Valéry, Site Saint-Charles 2
une thèse de DOCTORAT
Discipline : Géographie et aménagement de l’espace
Titre de la thèse : Vieillir dans les espaces de faible densité en France métropolitaine. Analyse multiscalaire des recompositions démographiques, des inégalités territoriales et des réponses locales
Composition du jury :
- M. Alexandre BRUN, Professeur, Université de Montpellier Paul-Valéry, directeur de thèse
- M. Pascal CHEVALIER, Professeur, Université de Montpellier Paul-Valéry
- M. Guillaume LACQUEMENT, Professeur, Université de Perpignan Via Domitia
- Mme Hélène MAINET, Professeure, Université Clermont Auvergne
- Mme Monique POULOT, Professeure, Université Paris Nanterre
Résumé de la thèse :
Comme au Japon et en Italie, le vieillissement de la population constitue en France un enjeu de société. Ce processus est particulièrement marqué dans les espaces ruraux, où il résulte de déséquilibres migratoires anciens, d’une faible natalité et de migrations résidentielles sélectives. De récents travaux montrent que le vieillissement des campagnes de faibles densités engendre de profonds bouleversements spatiaux et sociaux et peut, dans certains cas, constituer une ressource territoriale. En revanche, la progression de la dépendance soulève de nombreuses interrogations, notamment quant aux réponses apportées aux aidants et aux professionnels du soin. Partant de l’hypothèse que ces tensions révèlent les limites de l’action publique, la recherche adopte un parti pris empirique assumé, fondé sur une méthodologie qui combine analyses statistiques multiscalaires, enquêtes et travail de terrain. Les résultats mettent en évidence le caractère descendant des politiques du grand âge, la fragmentation de la filière médico-sociale et le rôle central d’acteurs locaux contraints de « bricoler » pour assurer la continuité du système. En conclusion, la thèse plaide pour une action publique plus expérimentale et territorialisée, fondée sur la différenciation des réponses, l’anticipation des trajectoires résidentielles et une meilleure articulation entre solidarité publique et investissement privé.
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As in Japan and Italy, population ageing represents a major societal challenge in France. This process is particularly pronounced in rural areas, where it results from long-standing migratory imbalances, low fertility rates, and selective residential migration. Recent studies show that ageing in low-density rural areas leads to profound spatial and social transformations and may, in some cases, constitute a territorial resource. However, the growing prevalence of dependency raises numerous questions, particularly regarding the responses provided to informal caregivers and care professionals. Based on the hypothesis that these tensions reveal the limitations of public action, this research adopts a clearly empirical approach, grounded in a methodology that combines multiscalar statistical analyses, surveys, and fieldwork. The results highlight the top-down nature of policies addressing old age, the fragmentation of the health and social care sector, and the central role of local actors who are compelled to “improvise” in order to ensure the continuity of the system. In conclusion, the thesis argues for a more experimental and territorially grounded public action, based on differentiated responses, anticipation of residential trajectories, and better articulation between public solidarity and private investment.
